VITRINE FEUTRE ART TEXTILE / FELTMAKERS' FRENCH SHOWCASE

20120128

Parlons (encore) du feutre !


Extrait de l'interview à laquelle Evelyne Alice Bridier a répondu à l'automne 2011, pour un article qui est paru dans le magazine "Fait Main" de l'hiver 2011.

Pourquoi et comment vous est venue l’idée de travailler le feutre ?


Ma rencontre avec le feutre s'est faite par hasard, il y a 10 ans, alors que je passais quelques jours de vacances en Suisse. C'était sur un marché de Noël, on y vendait des petits sacs de laine cardée multicolore. J'ai eu le coup de foudre pour cette belle matière, alors introuvable en France.

Rentrée chez moi, j'ai essayé d'en faire quelque chose. J'ai débuté en me guidant d'un livre. J'ai vu naître cette splendide matière sous mes doigts, à la main, en posant des fibres de laine à plat, en les frottant à l'eau chaude savonneuse : la passion était née ! J'ai ensuite fait un stage auprès de Christina Zofall-Wilson pour apprendre les bases d'une manière sérieuse. C'est ce que je conseillerais à tout novice, ça fait gagner du temps et permet d'avoir une bonne technique.



Où puisez-vous votre source d’inspiration ?


Mon inspiration est à la croisée de 2 influences : celle de mon intérêt pour les textiles de tradition (Chine, Japon, Afrique…) et ma culture de designer graphique, métier que j'exerce depuis plus de 30 ans.


Comment naissent vos œuvres ?


Ce n'est pas constant. Quelquefois je dessine, j'ai envie de traduire en textile des feuilles, des fleurs, des motifs.

J'ai envie d'exprimer mon admiration pour les vêtements traditionnels d'Asie, je les ré-interprète.

D'autres fois je laisse parler une nouvelle texture ou une nouvelle couleur de laine. Je l'expérimente, je la marie avec d'autres textiles.



Comment décrivez-vous l’Association, Feutre Art Textile ?


Une géniale aventure ! L'envie de créatrices de porter l'existence de leur technique, de leur savoir faire, à la connaissance du grand public et de mettre les moyens de le faire en commun.

L'envie aussi de se parler, de s'entraider, de faire évoluer le feutre.



Le travail en association n’inhibe-t-il pas les performances individuelles ?


C'est tout le contraire !

D'abord, nous ne travaillons pas en association. Chaque adhérente travaille dans son atelier, sous son propre nom, avec ses propres ressources et ses propres bénéfices.

L'association est notre Agora. On s'y retrouve pour poser des questions (technique du feutre, fournisseurs de matières premières, problèmes administratifs, opportunités d'expo…) et pour montrer notre travail.

C'est motivant, ça fait évoluer plus vite ! Et chacune cultive son propre style.



À qui s’adressent vos créations ?


A celles qui n'ont plus envie de porter ou d'avoir chez elles du "vite fait - mal fait". A des personnes pour qui le travail fait main, les matières nobles, la pièce unique, ont un sens.


Cherchez-vous à bousculer les conventions dans ce domaine ? Et comment ?


Par bonheur, il n'y a pas trop de conventions dans le monde du feutre. Il peut juste y avoir quelques préjugés dans l'esprit du public français. C'est à nous de lutter contre la connotation "baba cool" qui colle un peu trop vite au feutre.

Heureusement, nos créations sont notre meilleur atout dans cette démarche !



Avez-vous un message, un souhait particulier à adresser en conclusion à nos lectrices ?


Soyez curieuses ! Découvrez le feutre, touchez-le. Faîtes-vous expliquer sa fabrication, vous allez être fascinées !



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